
Le Tribunal administratif, comme l’avait défendu le rapporteur public le 20 novembre, annule l’autorisation environnementale délivrée le 5 novembre 2024 par le préfet de la Dordogne, au nom de « l’autorité de la chose jugée », considérant que le projet de boucle multimodale n’avait rien d’un nouveau projet. La décision du préfet a été prise après deux enquêtes, dont une à la demande des opposants. Toutes les deux étaient largement favorables au projet.
Manifestement, les juges administratifs avaient déjà pris leur décision car ils n’ont eu besoin que 5 jours ouvrés pour rendre leur arrêt. Ils n’ont pas tenu compte des éléments apportés par le Conseil départemental de la Dordogne montrant que le projet de boucle multimodale est plus global car il concerne l’ensemble de la vallée. Ce faisant, ils empruntent la position des opposants, les châtelains du coin qui ne veulent que rien ne change ; ce qui est choquant.
Pour habiller sa décision, le Tribunal administratif utilise des arguments de protection de l’environnement et de la nature. Ce qui est louable mais ne peut s’appliquer en l’espèce. En effet, qui peut soutenir sérieusement que les 8 piles de ponts construites dans le lit de la rivière ont et auront de graves conséquences sur la faune et la flore de la Dordogne dont le bassin versant est de 25.000km2.
Le rapporteur indique également qu’il n’y a pas de réels problèmes de trafic routier dans la traverse de Beynac. C’est là aussi incompréhensible pour les habitants, les usagers de la D703 et les visiteurs du village de Beynac. Cela montre que les juges ont pris leur décision depuis leurs bureaux situés à Bordeaux, sans prendre la peine de venir sur le terrain pour comprendre.
Visiblement, tous les arguments favorables à l’intérêt général ont été balayés au profit des arguments de la protection des intérêts de quelques uns, les châtelains.
Ce que nous perdons avec cette décision du Tribunal Administratif :
- L’amélioration de la sécurité routière dans la traverse de Beynac,
- La suppression du trafic journalier de 300 poids lourds dans le village,
- La valorisation de ce territoire avec un réaménagement des flux permettant de mieux accueillir les touristes,
- Le passage de la véloroute V91,
- La réouverture de la gare de Castelnaud Fayrac et les dessertes des villages par des navettes électriques,
- Les réaménagements des berges et des couasnes de la Dordogne,
- Le désenclavement de la rive gauche.
- …
Ce que nous gardons, ce sont tous les problèmes liés à l’inadaptation de la D703 au trafic routier actuel entre Saint Vincent de Cosse et Vézac.
Ce que gagnent les opposants : leur tranquillité personnelle. Il serait naïf de penser que leurs préoccupations sont la protection de la faune et la flore. Les opposants n’ont pas de projet écologique à proposer mais ils ont en fait un projet de conservation en tête ; que rien ne bouge dans cette vallée pour protéger la valeur immobilière de leurs propriétés, leurs châteaux.
L’association J’aime Beynac et sa vallée continue et continuera de défendre la boucle multimodale car elle est nécessaire à la gestion des flux routiers, à la sécurité de tous les usagers de la D703 et à la protection de l’environnement. C’est pourquoi, nous soutenons le Conseil départemental qui a décidé de faire appel.