A la une, Projets pour Beynac

Incompréhensible !

L’Etat ne fera pas appel de la décision du Tribunal administratif de Bordeaux, laissant le Département de la Dordogne seul défendre le projet de contournement de Beynac.

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Vue de la vallée depuis Beynac en juin 2019.
La déviation et ses ponts ne se voient pas. Où est le massacre ?

Pourtant, c’est bien la décision d’autoriser les travaux, rendue par l’Etat (représenté par la Préfète de la Dordogne de l’époque), qui a été annulée et non le projet de contournement de Beynac, porté par le Conseil départemental. D’ailleurs, l’utilité publique de cette infrastructure n’est pas remise en cause.

Qu’est ce qui peut expliquer un tel revirement ? Probablement des intérêts « politiciens ». En effet, il n’y a qu’à lire les déclarations satisfaites de la Député LREM, Jacqueline Dubois, pour comprendre. Elle indique dans Sud-Ouest que « la démolition n’entraînait pas d’atteinte excessive à l’intérêt général ». Précédemment le Secrétaire départemental de la REM et l’ancien socialiste, Bernard Cazeau, aujourd’hui, sénateur LREM, avait également dit tout le mal qu’il pensait de ce contournement. Pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, c’est Bernard Cazeau, qui avait été le principal artisan de ce projet lorsqu’il occupait le fauteuil de Président du Conseil Départemental. Mais c’était avant, du temps de l’ancien monde. Aujourd’hui, dans le nouveau monde, depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le retournement de veste et la trahison ont pignon sur rue.

Par son inaction, l’Etat met en difficulté le Président du Conseil Départemental, Germinal Peiro. A la tête de l’Etat, c’est aujourd’hui la REM qui dirige. Probablement, qu’elle estime que, pour s’implanter localement, le Département de la Dordogne est prenable.

Mais, nous les Périgourdins, et en particulier les habitants de la vallée, ces considérations politiciennes ne nous intéressent pas. Une grande majorité d’entre nous, de tendances politiques diverses, affiche clairement sa volonté de voir le contournement de Beynac se réaliser car il est nécessaire :

  • pour le développement économique du Sud Dordogne car il permet une meilleure fluidité du trafic routier,
  • pour la sécurité routière dans le village de Beynac car la route qui traverse le village n’est pas adaptée à la présence des 300 poids lourds journaliers, cars scolaires ,etc… .
  • pour l’environnement car il réduit la pollution dans le village de Beynac,
  • pour la protection de la faune, de la flore au travers des mesures compensatoires que le Département avaient prises.
  • pour la rivière Dordogne qui subit la pollution liée au flux routier par l’absence de traitement des eaux de ruissellement au niveau de la traverse de Beynac .
  • pour la sécurité des habitants de la vallée en permettant une approche plus rapide des véhicules de secours. 

Finalement, le plus grave dans cette histoire, c’est le gaspillage d’argent public. Alors que la France connaît un endettement public important pour lequel le gouvernement a engagé des mesures de réduction, le Tribunal administratif de Bordeaux a prononcé la démolition des travaux déjà réalisés, en ayant bien conscience que plus de 20 millions d’euros ont déjà été engagés et que probablement la même somme devra être engagée pour la remise en état.

Cette position est d’autant plus inadmissible que la démolition « va nécessairement porter des atteintes […] qui pourraient s’avérer irréversibles » pour l’environnement selon ce même Tribunal.

Certains s’apprêtent, mardi, à faire une conférence de presse au cours de laquelle ils diront probablement qu’il fallait attendre que toutes les procédures contentieuses soient purgées pour réaliser les travaux et que cette déviation n’a plus d’intérêt depuis la réalisation des travaux de la traverse de Beynac. Qui peut encore croire les mensonges des opposants, cet attelage hétéroclite composé de politiques opportunistes, de propriétaires de châteaux, d’écolos contre tout, de « people parisiens ». Pourtant, ces opposants, par leur activisme forcené, qui déposent recours sur recours, ont réussi à stopper un chantier d’une infrastructure dont la vallée de la Dordogne a besoin.

Qui devrait prendre ses responsabilités ? Qui devrait payer ? L’Etat, c’est-à-dire tous les contribuables français. Car s’il y a eu faute, ce sont les services de l’Etat qui l’ont commise en donnant l’autorisation de réaliser les travaux du contournement de Beynac. En l’espèce, l’Etat avait donné son autorisation pour lancer les travaux ; il l’avait fait après de nombreuses études et en tenant compte de la situation particulière de la vallée de la Dordogne (classement UNESCO, zone Natura 2000).

En outre, cette situation ubuesque est due également à une justice défaillante qui ne permet pas de sécuriser les procédures administratives et juridiques. La jurisprudence Beynac va donner des ailes aux opposants à tout et de tous poils pour bloquer d’autres chantiers ou projets d’infrastructure. La France est en panne.

En annulant l’autorisation des travaux, la Justice (l’Etat) reconnaît que l’Etat a commis une faute. C’est donc à lui de réparer ou de permettre la poursuite des travaux.

Pour tout dire, nous en avons assez de subir les nuisances dues au trafic routier (300 poids lourds/ jour dans la traverse) ; nous ne pouvons entendre les mensonges de cette toute petite minorité d’opposants, pseudo écolos mais vrais réac, repris benoitement par la presse ; nous refusons que « ces gens » bloquent le développement de notre vallée ; nous sommes choqués que les politiques instrumentalisent ce projet de contournement pour satisfaire leurs intérêts électoraux à court terme ;  nous sommes profondément meurtris par le manque de respect de l’Etat pour une collectivité locale qui investit pour son avenir dans le respect de la loi et dont le projet d’infrastructure a été salué pour sa qualité environnementale par les services de l’Etat ; nous sommes écoeurés par le gaspillage de l’argent public.

Mais nous espérons que le bon sens va prévaloir ; il n’est pas possible de considérer que l’intérêt des habitants de la vallée est inférieur à celui de la flore et de la faune comme l’a jugé le Tribunal administratif de Bordeaux.

L’association J’aime Beynac et sa vallée

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