Notre association vient de prendre connaissance de la décision du Conseil d’Etat. Dans son arrêt du 28 décembre 2018, le Conseil d’Etat a suspendu la décision de la Préfète d’autoriser les travaux du contournement de Beynac au motif que la préservation des habitats des espèces animales revêtait une importance supérieure à l’intérêt de la déviation. Nous en prenons acte et nous la respectons.
Toutefois, notre liberté d’expression nous amène à réagir. En effet, cette décision est stupéfiante, incompréhensible et ubuesque. En effet, opposer, comme le fait la rapporteure devant le Conseil d’Etat, l’intérêt général (le développement économique et la qualité de vie des habitants de la vallée ainsi que l’accueil des touristes) à la protection de quelques espèces qui ne seront dérangées que le temps du chantier est une absurdité manifeste, voire une bêtise.
Comment comprendre que l’Etat qui avait donné son accord à la réalisation de ce projet par l’intermédiaire de la représentante de la République, décide par une décision du Conseil d’Etat, après plus de 11 mois de travaux, de les suspendre dans l’attente … de quoi ?
Il est important de rappeler qu’en février dernier la Préfète avait pris sa décision en s’appuyant sur plusieurs enquêtes et rapports effectués par différents services compétents (environnement, culture, transport, …) qui montraient que le projet présenté par le Département était exemplaire à bien des égards en termes de réalisation et de mesures compensatoires au bénéfice de l’environnement et de la nature.
Le temps perdu va être lourd de conséquences pour les habitants de la vallée, l’économie locale, les activités touristiques, et en particulier celles qui utilisent la rivière Dordogne. Visiblement, ces conséquences n’ont pas été évaluées par les juges administratifs. En revanche, à défaut des plantations d’arbres prévues par le Département, les libellules, les chauves-souris vont bien profiter des piles des ponts déjà construites qui leur serviront de perchoir…
Les travaux vont donc être arrêtés temporairement et le chantier restera en l’état.
Mais la facture est déjà lourde : 15 millions d’euros ont déjà été engagés par le Département tel que cela était prévu dans le plan d’avancement des travaux. D’ailleurs, la quasi-totalité des piles des 2 ponts est réalisée.
Le Président du Département a respecté toutes les procédures administratives et démocratiques ainsi que toutes les contraintes techniques et environnementales. Les opportunistes, les bien-penseurs et les moralisateurs de tous poils se répandent sans connaître le projet et ses enjeux. En ce qui nous concerne, les opposants et leur aveuglement sont les responsables de cette situation. Qui sont-ils ?
Un châtelain obsédé par ce projet, un maire amoureux des camions, une dizaine d’écolos contre-tout, trois ou quatre zadistes, venus de Notre-Dame des Landes et un animateur télé ont suffi à créer un trouble dans le microcosme parisien qui ne connaît pas notre vallée.
Kleber Rossillon héritier de la famille Schlumberger, qui a fait fortune dans le pétrole (c’est une ironie pour un défenseur de la nature et du patrimoine) était prêt à mettre une partie de sa fortune dans ce combat, selon ses propres déclarations. En revanche, il n’a pas encore versé un euro aux communes dont les immenses banderoles, qu’il a fait installer dans ses propriétés, défigurent la vallée depuis début de l’été. Il a usé de ses réseaux parisiens et la presse nationale, venue à Beynac, dans la quinzaine qui a précédé le jugement du Conseil d’État, a publié des articles à charge. Un vrai travail de sape !
Le Maire de Beynac, seul maire d’un village classé, prêt à tout pour maintenir le trafic routier de transit et les poids lourds dans la traversée de son village. Il considère que la pollution routière est bonne pour les habitants et la sécurité des piétons dans la traverse n’est pas un problème.
Les contre-tout locaux, pseudo-écologistes, dont certains étaient déjà opposés à la déviation de Saint Cyprien. Si nous avions suivi ces conservateurs quelle serait la situation dans ce village ? Aujourd’hui, peut-on imaginer que le trafic routier actuel de la vallée passe, comme il y a une trentaine d’années, à double sens, dans la traverse de Saint Cyprien ?
Que dire des zadistes, venus de Notre-Dame des Landes, pour épauler le châtelain et les opposants en organisant pendant plusieurs semaines des actions pour ralentir les travaux.
Quant à Stéphane Bern, Monsieur Patrimoine n’a cessé de démolir le contournement de Beynac sur les ondes et à la télévision sans connaître réellement le projet. D’ailleurs, il ne fait pas la différence entre la vallée de l’Homme et la vallée de la Dordogne.
Et enfin, les politiques en tout genre, en particulier l’antenne locale de LREM, qui se met désormais à critiquer Germinal Peiro. La perspective des élections donne des ailes à certains sans se rendre compte de la situation.
Notre association continue à soutenir le contournement de Beynac qui est la seule solution pour supprimer le trafic routier de transit qui passe dans le village de Beynac, améliorer la fluidité du trafic, réduire la pollution liée aux embouteillages durant les fortes périodes touristiques, assurer une plus grande sécurité des piétons. Comme nous l’avions déjà écrit récemment, ce contournement représente également une opportunité de développement touristique importante avec la voie douce et les aménagements prévus pour les promeneurs et les cyclistes ainsi que pour les sociétés de canoës.
Quoi qu’en disent les opposants au contournement, Beynac est et restera le goulot d’étranglement de l’axe routier le plus important du sud du département (plus de 6.000 véhicules par jour). Les travaux réalisés par la Mairie de Beynac n’ont rien résolu car il n’y a pas assez de place entre la falaise et la rivière Dordogne pour élargir la voirie.
Combien de temps faudra-t-il attendre pour que la raison l’emporte et que les travaux puissent reprendre ? Nous ne le savons pas. Le tribunal administratif de Bordeaux devra prochainement statuer sur le fond du dossier. Comme nous l’avons déjà écrit, nous sommes pour la protection de notre environnement et de notre patrimoine, mais, dans cette affaire, nous espérons que les intérêts légitimes des habitants de la vallée seront pris en compte.
Notre association appelle aujourd’hui les habitants de la vallée à signer la pétition appelant à l’achèvement des travaux de la déviation : https://bit.ly/2EWMLgE